Archives pour la catégorie Porsche cette semaine

Les 24 heures de Patrick Dempsey

Temps de lecture estimé: 3’15

La participation de l’acteur emblématique de la série Grey’s Anatomy aux 24 heures du Mans n’aura pas manqué de susciter un supplément d’enthousiasme autour de cette course mythique, notamment chez la gente féminine. Il s’agit déjà de sa quatrième participation (à Patrick Dempsey, pas à la gente féminine!), et la troisième au sein de son écurie Dempsey Del Piero Proton Competition. Cette année, le succès fut au rendez-vous pour la petite écurie, emmenée par un acteur dont la popularité dans les paddocks ne cesse de s’accroître au même rythme que sa légitimité de pilote automobile. Retour en images sur sa course, avec en prime quelques petites anecdotes.

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Au cours de cette édition, nombreuses furent les 991 RSR  qui s’illustrèrent par leur formidable propension à servir de bois de chauffage, notamment l’une des RSR du team officiel Manthey dont la transmission prit feu après moins d’une heure de course. Ce fut également le cas de la RSR n°88 de l’écurie Abu Dhabi Racing, qui connut le même problème en début de soirée. Une telle hécatombe laissait présager le pire pour l’ensemble des 911, et l’on n’attendait plus grand chose du Dempsey Racing…

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Mais Le Mans reste Le Mans, et le plus beau, comme le pire, est toujours possible. A ce titre, la 911 n°77 de l’acteur américain connut une course presque sans histoires, mis à part dans le dernier tiers de la course, où elle fut temporairement reléguée en milieu de classement. Il fallut toute l’expérience et la ténacité de Patrick Long afin de regagner le temps perdu, et de hisser de nouveau la 911 en troisième position de la catégorie GTE Amateurs. Après ce relais héroïque, Patrick Long céda le volant à Marco Seefried qui, bien que participant à la course mancelle pour la première fois, remplit parfaitement sa mission et franchit la ligne d’arrivée en 2ème position dans sa catégorie. Un beau succès d’estime que l’usine n’a pas manqué de saluer, d’autant plus que la collaboration entre Porsche et Dempsey Racing soufflait sa troisième bougie.

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L’exposition médiatique dont bénéficie Patrick Dempsey ne doit pas faire oublier que piloter une Porsche 991 RSR pendant 24 heures au Mans est une mission confiée à trois pilotes. Cette année, Patrick Dempsey partageait le volant avec un jeune rookie autrichien, Marco Seefried, et le très expérimenté Patrick Long, qui signait là sa douzième participation sur le circuit de la Sarthe. L’occasion de retranscrire leur témoignage après cette belle course:

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Patrick Dempsey: « Le mans est une course merveilleuse. Courir ici est toujours une expérience fabuleuse. La dernière heure de course fut particulièrement difficile pour notre équipe, mais tout le monde a donné le maximum. Heureusement, nos efforts ont été récompensés par une place sur le podium. Rien que cela suffit à démontrer à quel point les longs mois d’efforts pour arriver jusqu’ici valaient vraiment la peine. Je suis fier de l’équipe! »

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Patrick Long: « Quelle course! Mon dernier relais fut difficile, le rythme imprimé pendant la course au Mans est incroyable. Mon premier objectif était de ramener la voiture aux stands en parfait état. S’il y a bien une chose que j’ai apprise au cours de mes douze participations au Mans, c’est bien celle-ci: dans les moments critiques, la voiture doit être intacte, sans cela vous n’avez aucune chance. Il s’agit de ma troisième participation avec Patrick Dempsey, et nous avions toujours rêvé de nous hisser ensemble sur le podium. Ce rêve est devenu réalité! »

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Marco Seefried: « Nous avons vécu quelques moments très chauds en course dans les dernières heures de l’épreuve. Je dois dire que vivre ces moments depuis l’intérieur des stands m’a provoqué bien plus de sueurs froides que si j’avais été au volant. Il s’agissait de ma première participation au Mans. J’ai pris mon premier relais avec beaucoup d’humilité, puis j’ai gagné en confiance au fil de la course. Le Mans est une course étonnante, mais je n’aurais jamais cru qu’il était possible de maintenir une telle vitesse moyenne pendant toute l’épreuve. Cela nous a demandé de gros efforts, et l’équipe a été parfaite de bout en bout.« 

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Un beau résultat qui n’aura pu qu’attiser les ambitions d’une écurie désormais galvanisée par le succès. Portée par la notoriété de Patrick Dempsey, l’écurie ne devrait pas rencontrer trop de difficultés au moment de renouveler son partenariat avec Porsche, ou de trouver de nouveaux sponsors. D’ailleurs, on a pu remarquer que tout au long de la course, l’acteur américain arborait au poignet, bien en évidence, une Tag Heuer Monaco identique à celle de Steve McQueen. Les grandes marques ne s’y sont pas trompées. Après Steve McQueen et Paul Newmann, Patrick Dempsey s’impose comme la nouvelle égérie d’un sport automobile unisexe et populaire. Merci Patrick!

Crédits Photos: Porsche AG, Eurosport

 

Une 911 édition limitée pour célébrer Le Mans?

Temps de lecture: 1’50

L’éclatante victoire des 919 Hybrid aux 24 heures du Mans n’a laissé aucun porschiste indifférent, tant les réactions furent nombreuses sur les réseaux sociaux. Bien que l’on reste surpris par le traitement relativement confidentiel de l’événement par les médias en ligne, il ne fait aucun doute que le retentissement de cette victoire après 6 années de domination sans partage d’Audi est d’une grande importance, surtout pour les jeunes générations. A tel point que l’on serait étonné de ne pas voir le constructeur exploiter cette victoire sur un plan commercial.

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C’est qu’il existe de bien moins bonnes excuses pour lancer une édition limitée. Si l’on veut bien se souvenir de la 911 Carrera S Martini Edition, lancée afin de célébrer le retour de Porsche en Endurance, et de saluer par la même occasion un partenaire historique. Partenaire qui, de nos jours, ne fournit plus le moindre soutien à l’usine… Autant dire que cette édition limitée sentait bon la mauvaise excuse. Porsche ayant pour habitude d’exploiter les événements marquants de son histoire en lançant de nouvelles éditions limitées, à l’image de la Carrera GTS célébrant des 60 ans du Porsche club of America, il semble évident que nous aurons bientôt droit à une édition limitée « Le Mans 2015 ». Ce n’est certainement qu’une question de jours.

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Mais alors, à quoi aurait-on droit, le cas échéant? La réponse est presque simple: la base sera probablement une Carrera GTS, cette 911 alliant le mieux sportivité et polyvalence, tout en permettant une importante production. En effet, l’auto sera très certainement limitée à 919 exemplaires, comme il se doit. A ce titre, on imagine mal Porsche réserver un si grand nombre de GT3 sur ses chaînes, mais sait-on jamais. Cela serait vraiment fabuleux! La gamme de couleurs retenue est connue d’avance: les clients auront le choix entre le rouge, le blanc et le noir, les couleurs ayant habillé les trois participantes à l’édition 2015 de l’épreuve Mancelle. Afin de conférer un semblant supplémentaire d’esprit course à son édition limitée, le constructeur proposera des bandes « Porsche » décoratives contrastantes, en blanc et en noir. Une fois de plus, espérons que le constructeur aura l’audace de proposer une livrée « Porsche Intelligent Performance » identique à celle des 919 Hybrid, quitte à ce que celle-ci soit en option afin de ne pas effrayer les clients.

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En ce qui concerne l’habitacle, il ne faudra pas s’attendre à un déchaînement d’originalité. Le pack intérieur GTS mariant le cuir et l’alcantara à des coutures rouges seyant à merveille au noir, au blanc et au rouge, celui-ci sera installé de série, en supplément de quelques babioles inédites. Nous pensons notamment à un compte tours siglé « Le Mans édition », un accoudoir central siglé de la même manière, tout comme les seuils de porte en carbone. Espérons que le constructeur ose nous proposer une auto originale et parvienne à nous surprendre, tant cette victoire mérite d’être célébrée dignement.

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A ce stade cependant, les informations que nous partageons ne sont que de pures spéculations, et bien malin qui saurait dire avec exactitude ce que nous prépare le constructeur. Mais Porsche a déjà exploité des victoires au Mans en commercialisant des éditions spéciales. Il serait donc fort étonnant de ne rien voir venir dans les prochaines semaines. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, nous seront donc vite fixés. Il ne nous reste plus qu’à espérer, au risque de nous répéter, que cette future « 911 Le Mans 2015 Edition » joue à fond la carte de l’originalité, afin qu’elle reste dans les mémoires au même titre que la désormais glorieuse, et bientôt légendaire 919 Hybrid.

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Crédits photos: Porsche AG

Porsche signe une 17ème victoire aux 24h du Mans!

Temps de lecture: 3’45

Mes amis, quelle course! Si nous avions su au départ de la course que l’histoire se terminerait si bien, nous n’en aurions rien cru! Seulement un an après son retour en endurance, le constructeur le plus titré de l’histoire vient de signer un doublé historique face à des concurrents affutés, 17 ans après sa dernière victoire.

Tout avait commencé de la meilleure des façons, les trois 919 Hybrid ayant largement dominé les qualifications, tenant le reste de la meute à bonne distance sur la grille. Cependant, les essais du samedi matin soulevaient les premières inquiétudes: sur un rythme de course, les Audi se montraient plus rapides que les Porsche. Ajoutons à cela la capacité pour l’écurie d’Ingolstadt de faire durer ses pneus bien plus longtemps que Porsche sur les 919 Hybrid, nous avions quelques raisons de nous inquiéter.

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Au terme de la première heure de course, nos inquiétudes s’avéraient partiellement fondées: les Audi avaient repris possession des 2ème et 3ème places, tandis que la 919 Hybrid n°17 contenait péniblement les assauts de la meute, conservant son avantage en raison de ravitaillements moins fréquents. Pendant ce temps, les 911 s’illustraient par une remarquable tendance à cramer en bord de piste!

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Au bout de 5 heures, la 919 n°17 (Hartley, Weber, Bernhard) tenait toujours les rênes, mais un contact entre une Audi et une Ferrari 458 causa l’intervention du safety car, ce qui permit aux deux autres Audi de se repositionner en embuscade, derrière les deux 919 de tête. La menace était loin d’être risible, puisqu’en profitant d’un petit cafouillage des commissaires de piste lorsque le safety car rentra aux stands, l’Audi put opportunément reprendre une place et batailler pour reprendre la tête de la course. S’ensuivit une longue série de dépassements entre l’Audi et les deux Porsche pour la première place, les positions ne cessant de changer au gré des ravitaillements. On commença à penser que ces 24 heures du Mans se joueraient encore à quelques secondes, tant aucun des concurrents ne semblait en mesure de prendre l’avantage.

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C’est vers minuit que de nouveaux événements vinrent remettre en question le classement général. A ce moment précis, Mark Webber occupait toujours la tête de la course dans la n°17, aux prises avec deux Audi qui ne lâchaient rien. On retrouvait la n°19 de Bamber/Tandy/Hülkenberg en quatrième position, et la n°18 de Dumas/Lieb/Jani en cinquième position. Cette dernière avait plus ou moins hypothéqué ses chances de victoires après un tout droit de Romain Dumas qui imposa un retour aux stands pour un remplacement de la face avant. Mais revenons aux avant-postes: on s’apprêtait à pester contre les commissaires de pistes, tant une décision venait de tuer la course. En raison d’un dépassement sous drapeau jaune, Mark Weber se voyait infliger un stop and go d’une minute dans les stands. Ce fut la minute la plus longue de l’année pour les porschistes, tant la course semblait perdue. Mais c’était sans compter sur la régularité exemplaire de l’équipage Bamber/Tandy/Hülkenberg, qui profita des arrêts successifs des deux Audi pour prendre la tête de la course. Qui l’eût cru!!

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Tout au long de la nuit, on retrouva la 919 Hybrid n°19 aux avant-postes, devant deux Audi. Mais vers 6 heures du matin, nous eûmes l’agréable surprise de voir la 919 Hybrid n°17 revenir en deuxième place, tirant profit d’une régularité exemplaire et de quelques soucis chez Audi. Les petits soucis mécaniques s’accumulaient seulement sur la 919 du trio Dumas/Lieb/Jani, souffrant d’un déséquilibre chronique du système de freinage, ne permettant à cette dernière que de rester en embuscade en cas de problème.

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Mais à part les ennuis rencontrés par la n°19, les deux autres 919 Hybrid se montrèrent impériales tout au long de la nuit et de la journée de dimanche, leur permettant d’afficher une avance suffisante pour tenir les Audi à distance. D’ailleurs, sur les coups de 11 heures, les Audi n°9 et n°7 commencèrent à s’échanger les 3ème et 4ème positions en raisons d’arrêts aux stands plus nombreux que prévus, sans que l’on connaisse l’origine des problèmes. A une heure du terme de la course, alors que la météo se faisait de plus en plus menaçante, la Porsche n°19 conservait un tour d’avance sur le Porsche en 2ème position, et deux tours d’avance sur l’Audi n°7. A ce moment précis, en voyant la fiabilité remarquable des autos et la régularité de leurs pilotes, nous commencions à y croire très sérieusement!

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La dernière heure se déroula sans encombres, si ce n’est pour la tension de tous les porschistes présents dans les gradins ou devant leur télévision. Mais même avec la pluie menaçant de tomber sur le circuit, rien ne semblait en mesure d’empêcher la victoire de l’une des Porsche en tête. Ce n’est qu’à 15 minutes du terme que quelques gouttes vinrent perturber la fin de course, mais sans remettre en question la domination exemplaire de Porsche au cours de cette édition des 24 heures du Mans. Voir les Porsche franchir la ligne d’arrivée en tête fut tout de même un soulagement. Un soulagement car la victoire de Porsche tant attendue, venait d’être gravée dans le bitume du Mans. Et parce que Porsche avait tenu parole: ils étaient venus gagner, ils l’ont fait.

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En y repensant, quel exploit réalisé par Porsche, pour ses deuxièmes 24h du Mans après son retour en 2014, et avoir seulement remporté  les 6h de Sao Paulo au cours de ces deux saisons de compétition. Porsche réalise ainsi un nouveau doublé historique, confortant sa position de constructeur le plus titré de l’histoire du Mans, avec 17 victoires. L’exploit est d’autant plus grand que la victoire revient au trio Bamber/Tandy/Hülkenberg, qui ne réalisait que sa deuxième course au volant de la 919 Hybrid, après les 6h de Spa. Porsche ne regrettera certainement pas d’avoir engagé une troisième voiture, ni d’avoir choisi cet équipage. Historique, mythique, magique, les superlatifs viennent à manquer, tant la course fut belle, tant la joie est grande aujourd’hui. Merci Porsche, de nous avoir fait tant rêver!!!

Crédits photos: Porsche AG

24H du Mans 2015: Porsche en pole, en pole, et en pole!

Les 24 heures du Mans ne pouvaient pas mieux commencer! Non seulement Porsche y a engagé pas moins de trois 919 Hybrid, qui plus est peintes dans des livrées un peu plus originales que le traditionnel blanc. Mais en plus, les trois autos ont démontré l’étendue de leurs performances, fait sauter un certain nombre de records et surtout, relégué toutes les concurrentes derrière elles.

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Vous ne rêvez pas, les 919 Hybrid occuperont la pole position, mais aussi les deuxième et troisième places sur la grille de départ demain lors de la course la plus importante et la plus célèbre de la saison. Comme nous l’avons dit, quelques records sont tombés. Le plus important est celui établi par Neel Jani, qui a réalisé un incroyable tour de qualification en 3’16″887, balayant la précédent record détenu depuis 2008 par une Peugeot 908 en 3’18″513. Sur un tracé de 13,629 kilomètres, Neel Jani a donc roulé à une vitesse moyenne de 249km/h. A vos souhaits!

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L’exploit est de taille, mais réaliser l’impossible est dans les habitudes du constructeur sur la piste mancelle. Ce succès lors des qualifications est en réalité la neuvième fois que Porsche parvient à aligner trois autos sur les trois premières places de la grille de départ, la dernière fois remontant à 1988. Et puisque nous aimons les statistiques, il s’agit de la 17ème pole position pour Porsche lors des 24 heures du mans. Sachant que Porsche a déjà gagné le Mans 16 fois, la victoire est désormais de mise afin de poursuivre la belle série de statistiques.

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Nous savons que Le mans reste le Mans, et que rien n’est gagné. Cela étant, ce petit succès aura alimenté l’enthousiasme sur les réseaux sociaux depuis le début des qualifications, ce qui fait de Porsche le grand gagnant du prologue de cette course légendaire. Il ne reste plus qu’à soutenir notre constructeur préféré, mais nous ne doutons pas que Porsche parviendra à contenir les Audi, et les Toyota certes un peu moins performantes. Le constructeur ne s’en cache pas, cependant: Porsche est venu pour gagner le Mans!

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Crédits photos: Porsche AG

Ruf 3400S, le Boxster du guerrier

Temps de lecture: 2’00

En 1998, Porsche pose le premier jalon de ce qui deviendra un nouveau succès planétaire pour le constructeur: le Boxster. Auto performante et équilibrée, elle ne tardera pas à séduire les clients, mais nombreux resteront sur leur faim devant la sous-motorisation chronique du premier modèle. Il n’en fallait pas davantage pour qu’on petit constructeur subversif plus connu sous le nom de Ruf s’attaque à ce problème, devenu une opportunité.

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Dans le petit atelier de Pfaffenhausen, on écoute rapidement les requêtes des clients: ils souhaitent un roadster à moteur central, extrêmement puissant et possédant beaucoup de couple. La solution est très rapidement trouvée: si le moteur 2,5 litres de booster ne développe que 204ch, le 3,4 litres de la 996, quant à lui, en développe pas moins de 300! Les petits sorciers de chez Ruf parviendront à extraire 10ch supplémentaires du 6 cylindres, portant la puissance maximale à 310ch à 6800 tours/min, pour un couple de 360Nm, contre 245Nm pour un Boxster 2.5 de série. Boum!

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Chez Ruf, on aime le travail bien fait. De fait, le 3400S bénéficiait d’un grand nombre de modifications techniques afin d’adapter les capacités du châssis aux nouvelles performances du roadster. Le 3400S était ainsi équipé d’une boîte manuelle à 6 vitesses et de nouveaux amortisseurs Bilstein à gaz. Le système de freinage de série du Boxster se montrant par trop limité, Ruf opta pour le système de freinage de la 993 Turbo, avec ses énormes disques de 330mm, ni plus, ni moins! Les jantes étaient remplacées par un modèle Ruf spécifique de 18 pouces, voire 19 en option. Enfin, le 3400S bénéficiait d’un échappement sport spécifique.

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L’ensemble de ces modifications permettaient au 3400S d’afficher des performances ébouriffantes: le 0 à 100 était abattu en 5,2 secondes et la vitesse de pointe s’élevait à 278km/h, des performances identiques à une 996 Carrera. Bien entendu, cela avait un coût que l’on aurait tort de négliger. Sur la base d’un Boxster 2.5, il fallait alors débourser 39 556€, et 2 668€ supplémentaires si vous souhaitiez équiper votre 3400S des jupes et du bouclier avant de la 996 GT3. Quant aux jantes Ruf de 19 pouces, elles étaient affichées au tarif ahurissant de 9 628€! Bien sûr, ce prix n’incluait pas la personnalisation à outrance que pouvaient souhaiter certains clients, à l’image de ce 3400S vert Vipère de toute beauté, équipé d’un habitacle faisant immédiatement monter votre taux d’adrénaline.

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On imagine sans mal à quel point ce petit roadster dopé aux amphétamines doit être une incroyable machine à sensations, doublé d’une véritable tueuse de 911. D’ailleurs, Ruf renouvela l’opération en 2002, en proposant le 3600S: un Boxster équipé du nouveau moteur 3,6 litres porté à 345ch, mais son esthétique mixant des élément de Ruf RGT et des échappements façon Carrera GT est moins consensuelle. Il n’en reste pas moins qu’un 3400S reste aujourd’hui encore une auto performante, polyvalente, et particulièrement rare. Une auto qui, par ailleurs, tend à prouver que les recettes empruntées par Ruf finissent toujours par se retrouver chez Porsche, 5, 10 voire 15 années plus tard. Le Boxster Spyder version 2015 répond à la même philosophie que le 3400S, prouvant une fois de plus à quel point Ruf reste un constructeur visionnaire.

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Crédits photos: Road Scholars