Essai Jannarelly Design-1 : la voiture passion


L’espace d’une après-midi, nous avons pu accompagner les équipes du petit constructeur français Jannarelly et essayer leur premier modèle : la Jannarelly Design-1

Etrange auto que la Design-1. Esthétiquement, elle est irrésistible. Malgré des proportions réduites, elle impose une présence que beaucoup d’autos bien plus grosses lui envieraient. Et même le plus averti des fans d’automobiles sportives se laisserait piéger : si les éléments en carbone de sa carrosserie ne la trahissaient pas, on la croirait tout droit sortie des années 50. Il y a un peu d’AC Cobra dans ses lignes, voire un peu de Lotus Eleven ou de Lister « Knobbly » Jaguar. Pourtant, une réelle personnalité se dégage de cette voiture vraiment pas comme les autres.

Anthony Jannarelly, le fondateur de la marque

Il fallait bien quelqu’un d’assez fou pour essayer de créer une auto si décalée. Audacieux serait plus approprié, et c’est à Anthony Jannarelly que l’on doit la création de la Design-1. Ancien designer pour la marque W Motors à Dubai, à qui l’on doit notamment l’inclassable Lykan Hypersport, Anthony Jannarelly s’est un jour mis en tête de créer une voiture plaisir pour lui, rien que pour le fun. Bien aidé en cela par la législation très permissive de Dubai, il s’oriente vers un concept minimaliste reposant sur un châssis monocoque extrêmement rigide, bien qu’assez inconfortable à l’usage, puisqu’il faut enjamber un imposant ponton pour s’installer ou sortie de l’auto. Mais au départ, Anthony Jannarelly n’avait pas du tout prévu de commercialiser sa création.

Dès le départ, la Design-1 suscite beaucoup d’attention et avant même d’avoir fini « sa » voiture, Anthony reçoit déjà des commandes. Alors, le concept mûrit, et l’auto qui n’était qu’un projet pour le fun devient un vrai constructeur automobile dont la cellule de Recherche & Développement est installée à Dubai mais dont le cœur et l’esprit sont particulièrement français. La Jannarelly créé son propre espace dans le monde automobile : pas aussi radicale qu’une Lotus Elise, loin d’être aussi polyvalente qu’une Porsche 911, elle conserve un semblant de confort à bord avec un pare-brise, un système audio, un coffre à bagages et a possibilité d’installer un toit en dur. C’est aussi l’une des forces de la Jannarelly : en quelques minutes, vous pouvez passer d’un Spyder à un coupé, ou même la transformer en barquette sans pare-brise si le cœur vous en dit.

Un V6 Nissan dans la Design-1

Avec moins de 900 kilos sur la balance, la Jannarelly est un vrai poids-plume. En position centrale arrière, c’est un V6 d’origine Nissan porté à 350 ch qui a pour mission de propulser l’auto. Il équipait déjà la 350 Z et a su faire ses preuves, il devrait se sentir à son aise dans ce kart. Et c’est le cas. La moindre pression sur la pédale d’accélérateur se traduit par une ruade et la Jannarelly ne demande qu’a aller de l’avant dans un grondement qui occupe tout l’habitacle. La position du moteur, les gros échappements et le peu de matière insonorisante font que vous êtes en prise directe avec le moteur. Les mises en vitesse sont assez impressionnantes même si fatalement, elles ne sont pas au niveau d’une Porsche 991, si tant est que la comparaison puisse avoir du sens. C’est un autre monde. La suspension de la Jannarelly reste étonnamment confortable, alors que l’on s’attendait à se faire secouer dans tous les sens et finir notre essai avec une hernie discale. C’est un bon point et même en ville, la suspension reste docile. La réponse à l’accélérateur, en revanche, est parfois trop franche.

Une chose que la Jannarelly prouve à merveille, c’est que la passion de l’automobile reste vivace dans notre pays, quoique les discours convenus de notre classe politique en disent… Partout où vous irez, la Jannarelly suscitera un attroupement, des questions, de la curiosité, de l’enthousiasme. Et il faut reconnaître que cela fait du bien, à l’heure des discours prédicateurs anti-voitures. Tout le monde s’arrête, les hommes comme les femmes, et cela fait plaisir. Elle détonne d’autant plus en ville, où elle ne fera que de brèves apparitions, car elle sera plus à l’aise sur les petites routes. Son pilotage demandera d’ailleurs un certain doigté, car en dépit d’un bon équilibre des masses, les excès d’enthousiasme peuvent vite se solder par une punition, surtout sur chaussée humide.

La Jannarelly Design-1 : essai concluant ?

La Jannarelly a d’indéniables qualités : elle est superbe, performante, exclusive et vraiment originale. Elle traîne également bon nombre de défauts qui ont tendance à vite agacer. La jauge à essence fait des siennes, la sonorité, bien que très présente, n’a pas la tessiture d’un moteur Ferrari ou Porsche et malgré les efforts réalisés pour conserver un semblant de confort, vous n’aurez pas envie de faire 500 kilomètres avec. Refaire le plein est pénible, car la trappe à essence est mal adaptée aux pistolets des stations françaises. Vous risquez de prendre un peu l’eau en conduisant sous la pluie, et démonter le toit en dur prend du temps, surtout si vous ne l’avez jamais fait. Bref, la Jannarelly a un tas de défauts, propres à toutes ces voitures de conceptions artisanales assemblées par des passionnés qui n’ont pas les moyens financiers éléphantesques d’un constructeur comme Ferrari.

Et puis, quand dira-ton : « Non, je ne veux pas une Porsche ou une Ferrari, je veux une Jannarelly » ? Mais c’est manquer la raison d’être de cette voiture. En fait, la Jannarelly s’adresse à une clientèle de passionnés qui n’en est pas à sa première voiture et qui a les moyens d’en avoir plus, bien plus d’une. De fait, la Jannarelly est la voiture plaisir de ceux qui ont déjà une F12 Berlinetta, une 911 GT3 et un Mercedes Classe G. Histoire de pimenter une vie qui devient vraiment trop « banale », ils s’offriront ce jouet automobile dont personne n’a jamais entendu parler et qui leur offrira un frisson qu’ils avaient presque oublié. Celui de ne pas tout avoir à portée de main, de faire avec les éléments, d’en prendre plein les oreilles et de se souvenir que cela aussi, ça donne le sourire. Et le ticket d’entrée de 100 000 € pour la Design-1 « Lauch Edition » limitée à 30 exemplaires ne leur fera pas peur.

Tous nos remerciements à Easy Cars Reims, distributeur officiel de la marque, pour avoir rendu possible cet essai.

Nous remercions également Anthony Jannarelly, Louis Etien ainsi que tous les membres de Jannarelly France.

Crédits photos : Studio Dieppedalle

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