Prise en mains: Panamera S e-hybrid


Temps de lecture estimé: 4’00

Il aura fallu beaucoup de temps avant que l’opportunité d’un nouvel essai ne se présente à nous. Après l’essai d’une Carrera 3.0 et d’une 996 GT3, il est temps d’embarquer dans un tout autre monde, où le confort et l’agrément se disputent au calme et à la sobriété. Il est temps d’embarquer à bord de la Panamera S e-hybrid du parc presse de Porsche France.

J’ai la chance de partager le volant avec deux messieurs du journalisme automobile: Robert Puyal, en charge, entre autres, de la section Classics du magazine Sport Auto, ainsi qu’Alexandre Guillet, rédacteur en chef du Journal de l’Automobile. Les premiers kilomètres, à la place du passager, sont pourtant très intéressants. Et pour cause, l’auto est en mode tout électrique. A ceux qui critiqueraient cette hérésie, soulignons tout d’abord que les 76ch du moteur électrique sont disponibles immédiatement, ce qui procure à la Panamera des accélérations pour le moins vigoureuses. Et ce, en dépit de dimensions dignes d’un pachyderme. Seul le bruit de la circulation qui nous entoure, ainsi que les bruits de roulement viennent troubler la quiétude des occupants, véhiculés (pardon Robert) par une auto décidément très à son aise au milieu du périphérique parisien.

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C’est particulièrement sous cet angle que l’esthétique de la Panamera est discutable.
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L’intérieur est spacieux. On regrette seulement la profusion de boutons…

Après une petite trentaine de kilomètres, le moteur thermique doit suppléer aux batteries à sec. C’est désormais mon tour de prendre le volant. Quelques secondes, ainsi que quelques indications de mes confrères me permettront de me familiariser avec la boîte PDK, relativement simple d’usage. L’on se laisse facilement surprendre par l’utilité de ce que l’on aimait à appeler « gadgets inutiles »: la caméra de recul, indispensable étant donné la piètre visibilité arrière lors des manoeuvres, ou encore l’avertisseur d’angle mort, conférant un véritable atout dans une circulation dense. De quoi ménager vos nerfs. Et c’est bien le maître atout de la Panamera! Ne vous y trompez pas, une imperfection majeure du revêtement vous rappellera que vous êtes à bord d’une Porsche. Mais pour le reste, la Panamera se joue des aspérités de la route avec une souveraineté exemplaire, tandis que le moteur se fait discret, permettant aux passagers de profiter d’un confort indéniable. D’autant plus à l’arrière, où l’espace dévolu aux jambes vous pousse à vous demander pourquoi diable une version allongée, la Panamera Executive, est au programme?

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On voit bien sous cet angle à quel point l’auto est imposante.
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Ce n’est pas toujours la meilleure place!

La Panamera n’est pas pour autant exempte de défauts. Une fois la batterie à plat, il ne faudra pas guère compter sur le système de récupération d’énergie au freinage pour la recharger. Tout au plus pourrez vous récupérer 2 ou 3 kilomètres d’autonomie. Et à moins d’emporter avec vous l’encombrant câble de recharge de la batterie, que vous devrez brancher à une immense rallonge raccordée à la cuisine de votre hôtel, n’espérez pas non plus recharger la batterie électrique de si tôt. Ce n’est que dans ces conditions que l’on touche l’une des limites de la propulsion électrique. Qui, soit dit en passant, reste un régal en milieu urbain. On regrettera également un système start-stop difficilement compréhensible, et une gestion de boîte en mode éco si obsédée par l’optimisation de la consommation qu’elle vous sélectionne toujours un rapport très élevé. L’attention dans les ronds-points est donc de rigueur.

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Le bas du pare-chocs en plastique noir n’est pas très heureux.

Malheureusement, ne s’agissant que d’une prise en mains, nous n’avons pas eu l’occasion de pousser l’auto dans ses derniers retranchements, mais bien que l’auto en soit probablement capable, ce n’est pas sa raison d’être. En un sens, il est heureux que nous ayons pu l’essayer dans des conditions auxquelles la plupart des Panamera seront confrontées quotidiennement: l’autoroute, les périphériques encombrés, et la ville. En dépit du gabarit intimidant de l’engin, qui vous incitera à un semblant de prudence dans les parking souterrains, la Panamera S e-hybrid remplit parfaitement la mission qui lui est assignée: emmener quatre passagers à l’autre bout de la France en réduisant leur consommation de bêta-bloquants. Tout comme celle de carburant, relativement faible.

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L’appellation a de l’avenir!

A 106 000€ hors options, la Panamera S e-hybrid nécessite certes quelques équipements afin de donner le meilleur d’elle-même (le modèle de notre essai était affiché à 127 000€), et sa silhouette ne plaira guère au plus grand nombre. Tenter de déguiser une berline en 911 n’était pas la meilleure des idées, mais on reste épaté par le niveau de prestations de l’auto, tout en se disant que la Panamera commence décidément à en donner beaucoup pour son argent. Une chose est sûre, la future génération devrait s’avérer imbattable.

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