Un petit tour au Mans Classic

Frappez-moi… Je préfère cela à devoir parler du Mans Classic en étant contraint de m’en tenir aux Porsche. Oseriez-vous réduire un menu de Michel Troisgros à sa seule entrée? La tâche s’annonce ardue, tant il y a à voir, et à raconter…

Au premier abord, cela n’a pourtant l’air de rien. Le vendredi matin, à 9 heures précises, difficile d’affirmer que l’enceinte réservée aux Porsche détonne. Tant de place pour si peu de Porsche… Certes, il y a bien le nouveau Boxster GTS de Porsche France, et l’une des dernières 991 GT3 qui fait son arrivée. Mais à part cela? Pour l’instant, rien de très alléchant à se mettre sous la dent. Prenons notre mal en patience, et allons faire un tour à la loge Artcurial Motorcars tant qu’il n’y a personne, afin d’inspecter les lots qui seront vendus aux enchères le lendemain. Malheureusement, après Rétromobile, la maison d’enchères décroche une nouvelle fois la palme de l’arrogance, refusant l’accès à quiconque n’aurait pas d’invitation, ou ne serait dûment inscrit. Fauchés et autres bouseux, passez votre chemin, vous entrez dans un temple de friqués… Mais que diable suis-je donc allé faire dans cette galère?

20140704_114755

20140704_102306

La parenthèse Artcurial sera bien vite oubliée. Il suffit de s’aventurer sous les tentes abritant les différents plateaux, pour comprendre que l’exposition des autos de série n’est jamais que la cerise d’un énorme gâteau. Citez une auto, vous finirez pas la trouver, quelle qu’en soit la marque. AC Cobra, GT 40 en pagaille, quatre Ferrari 250 GTO sur le stand de l’autre cheval cabré, et des Porsche, et des Porsche, et des Porsche… 904 Carrera GTS soigneusement alignées, avant de tomber nez à nez avec un parterre de 911 2.0 et de 356 affûtées, prêtes à en découdre. Et à vous déchirer les tympans… Il faudra attendre les essais du vendredi après-midi pour voir ces merveilles à l’oeuvre, depuis les tribunes et sous un soleil de plomb.

20140704_101529

20140704_112827
Il y avait deux 914/6 GT

20140704_101451

Mais avant cela, il vous aura fallu parcourir les allées de tous les plateaux, rester pantois devant une 917 Gulf rutilante, accompagnée d’une 908/3 habillée de la même livrée. Les 911 ST se disputent la vedette aux 906 venues en surnombre, avant qu’une 907 Longue Queue ne vienne rappeler tout ce petit monde à l’ordre en démarrant. Plus personne ne prête attention aux Corvette, Shelby et autres Lola: qu’un moteur démarre et des centaines de spectateurs s’agglutinent immédiatement autour de l’engin, désireux de se faire réduire les tympans en miettes bien avant l’âge de déraison. Mais qu’il est difficile de conter un tel spectacle, tant les merveilles se succèdent aux merveilles, les heures s’écoulant dans un ballet d’autos de courses de 1920 à 1990, offrant à tous l’opportunité de revivre l’histoire des autos d’époques révolues, et bien trop souvent reléguées au rang de pièces de musée. Aussi vieilles soient-elles, les voitures de course ne sont jamais mieux à leur place que sur un circuit, et tous les spectateurs approuveront. Qu’une sublime Ferrari 312P de 1972 prenne la piste aux côtés d’une 908/3 de 1971, et tous les souvenirs d’une rivalité sans merci s’éveillent, rappelant la domination sans partage de Porsche en 1971, rapidement contrariée par une réglementation taillée pour les 312P de Ferrari, qui s’adjugeront presque toutes les courses du championnat de 1972. Devant des 908/3 privées bien en peine…

20140704_181718
J’en veux une…

20140704_112254

20140704_113539
J’en veux une aussi…

20140704_102946

Ce n’est qu’une histoire parmi d’autres, et tous les spectateurs auront trouvé au cours de cette édition la parcelle d’histoire qu’ils souhaitaient revivre. En toute simplicité. Le Mans Classic est bien plus qu’une événement exceptionnel. C’est un festival incontournable, un lieu de mémoire qui n’a rien d’un lieu de recueillement. Si vous n’y allez que pour les Porsche, vous manquerez la plus grande partie du spectacle. Il y a tant à voir que je m’étonne même de voir, après coup par le biais de la presse, tout ce que je n’ai pas vu, et qui était pourtant à quelques pas. Trois jours ne sont pas de trop pour voir toutes ces merveilles. Je n’ai pas tenu parole, je n’ai pas pu m’en tenir à Porsche. Frappez-moi…

Quoi de neuf? Semaine du 1er au 6 juillet 2014

De nouvelles informations à propos du Cayman GT4

Loin des sources officielles, Tim Pollard de Car Magazine nous révèle quelques spécificités du futur Cayman GT4, glanées çà et là auprès de sources bien informées au sein du constructeur. C’est un secret de polichinelle qui semble se confirmer, le moteur du GT4 devrait adopter une suralimentation permettant au flat 6 de 3.8 litres de cylindrée de développer environ 450ch. Un chiffre étonnant lorsque l’on considère que la 991 GT3 émarge à 475 équidés. Un tel moteur posé sur le châssis remarquablement équilibré du Cayman risquerait de causer beaucoup de tort à la 911. Il y a donc fort à parier que le GT4 proposera une puissance nettement moindre.

15-Porsche-Cayman-GT4-4[3]

Si l’on considère en effet que la GT3 possède une puissance environ 20% supérieure à une 991 Carrera S, il semble tout à fait improbable de voir le Cayman GT4 doté d’une puissance presque moitié supérieure au Cayman S. Il serait donc nettement plus raisonnable de tabler sur 390, voire 400ch pour le GT4. Mais revenons aux informations (manifestement peu fondées) de Tim Pollard, qui croit savoir que la durée du vie du Cayman 981 sera légèrement plus longue que celle du Cayman 987. Et ce, afin de donner le temps au constructeur d’élargir la gamme Cayman/Boxster d’une façon nettement plus importante que pour la précédente génération. La récente déclinaison GTS en est d’ailleurs un vibrant exemple: Porsche a décidé de laisser la gamme Boxster/Cayman s’épanouir. Que pourra-t-on espérer ensuite? Les quatre roues motrices risquent fort de rester l’apanage technologique de la 911 pendant encore quelques années, tout comme un Cayman Targa semble hautement improbable. Laissons donc au constructeur le soin de nous surprendre…

Pas de vacances pour tout le monde

Une vidéo relayée par Touriclips sur la toile a récemment dévoilé que les ingénieurs en charge de la gamme Macan sont à pied d’oeuvre. Cette vidéo publiée ci-dessous montre un Macan Turbo malmené sur la boucle nord du Nürburgring. Les internautes s’accordent à dire qu’il pourrait fort bien s’agir d’une déclinaison Turbo S du petit SUV, si l’on en croit la présence de sorties d’échappement trapézoïdales, alors que le futur Macan GTS devrait être pourvu de sorties d’échappement ovales.

Aucune information n’est officiellement connue à ce jour, pas même une éventuelle sortie du modèle. Cela étant, les internautes estiment que le Macan Turbo S devrait développer près de 440ch (contre 400ch pour le Turbo) pour un prix neuf aux alentours de 90 000€ (contre environ 80 000€ pour le Turbo). Vous avez dit petit SUV? Mais petit pour qui?? Roman Abramovitch certainement…

Et du boulot pour pas mal de monde!

Une telle nouvelle en France de manquerait pas de déclencher quelques rodomontades du côté de notre ministre des économies de bouts de chandelles et du redressement de vieux coucous en perdition, mais c’est en Allemagne que cela se passe: Porsche a l’intention de recruter 1000 personnes par an au cours des 5 prochaines années afin d’accompagner sa stratégie de croissance mondiale. D’ailleurs Thomas Edig, Directeur des Ressources Humaines du constructeur, ne cache pas que ces recrutements interviendront en premier lieu sur les nouvelles terres de conquête de Porsche, ce qui exclut la vieille Europe, et donc l’Allemagne. Ces emplois permettront d’accroître les forces vives dans le développement de nouveaux modèles, les ventes ainsi que le service après-vente, sans oublier la production.

A ce jour, Porsche emploie près de 21 100 personnes dans le monde, ce qui occasionnera une augmentation de nombre d’employés de près de 24%, alors que Porsche a déjà recruté 8400 nouvelles têtes au cours des 4 dernières années. Le rouleau compresseur Porsche avance inexorablement vers la barre symbolique des 200 000 véhicules. Et combien de Cayman GT4?

Sources:

Car Magazine

CarScoops

Worldcarfans

Porsche de la semaine: une SC faite pour rouler

Quel terrible dilemme que d’avoir une auto ancienne. Veiller à ne pas trop rouler afin de la conserver dans un bel état? Rouler et se faire plaisir au risque de lui faire perdre de sa valeur au fil des kilomètres? Il est bien regrettable que cela empêche bon nombre d’amateurs de sortir leur 911 à la moindre occasion, afin d’en profiter sans la moindre arrière pensée. Mais le marché des autos anciennes étant ce qu’il est, l’obsession bien exagérée du matching numbers et du faible kilométrage tend à faire de nos chères 911 des pièces de musée, qu’il ne faudrait pas prendre le risque d’utiliser. Sur le petit marché de la voiture de collection, rien n’a plus de valeur que l’authenticité. Mais ne vaudrait-il pas mieux se faire plaisir? Au risque certes de gagner moins d’argent à la revente, ne serait-il pas idéal de se laisser tenter par une auto amusante que l’on pourrait utiliser sans arrière pensée? Réponse avec cette magnifique 911 SC.

d7k_7202
Attention les yeux!

A vrai dire, elle n’invente rien. Elle ne fait qu’exploiter une autre mode captivante, celle des outlaws: en quelques mots, une personnalisation de votre auto dans le respect de son époque, préparée selon vos désirs. Une auto reflétant son propriétaire. Qui souhaitera donc avoir cette superbe SC comme miroir? Il vous faudra assumer votre enthousiasme pour la grande période de gloire des prototypes du constructeur aux couleurs de Martini. Il y a plus discret, mais avouez qu’il y a également plus disgracieux que cette longue bande rouge drapée de bleu. Rien de tel pour égayer une carrosserie blanche! Cela annonce toutefois la couleur: il risque d’y avoir du sport, et cela semble se confirmer au vu du look de Turbo qui a été adopté: ailes larges, spoiler avant, et le superbe aileron arrière en queue de baleine. Un travail de carrosserie qui aura coûté la bagatelle de 12 000€, mais le résultat est à la hauteur: elle veut en découdre…

d7k_6797

Un tel travail ne serait rien sans un moteur en adéquation avec le look de la bête. il faut dire qu’avec une puissance ayant oscillé entre 180 et 204ch, le moteur de la 911 SC n’avait rien d’un foudre de guerre. Et justement, le moteur a fait l’objet d’une reconstruction complète: la cylindrée a été portée à 3.2 litres, et cela s’est accompagné de quelques raffinements techniques: les cylindres ont fait l’objet d’un traitement au Nikasil, un alliage de nickel et de silicium. Le vilebrequin est allégé, et de nouveau arbres à cames ont été installés, ainsi que de plus grand carburateurs. Maintenant que la leçon de chinois est terminée, venons-en à la seule information intéressante concernant ce nouveau moteur: il développe désormais pas moins de 255ch, soit davantage que la puissance d’une bonne 964. Le tout, dans ce cas précis, avec près de deux quintaux de moins sur la balance. Lorsque je vous disais qu’avec une telle carrosserie, le moteur se devait d’être à la hauteur, je ne vous avais pas menti. Ah, j’y pense: la préparation moteur aura coûté 16 000€!

d7k_7233

Rassurez vous, la préparation de l’intérieur est restée assez légère: les sièges de série ont cédé leur place à des baquets Recaro recouverts de tissu ignifugé, assortis de harnais démontables. Et ce, afin de ne pas condamner les places arrière, toujours utilisables. Dernier petit détail, un volant Momo de compétition a été installé. Cela ne fait plus aucun doute, et cette 911 l’assume pleinement: il s’agit d’une 911 SC faite pour avaler les virages de l’arrière-pays niçois. Et à l’occasion, elle n’oubliera pas de vous coller un grand sourire sur le circuit de Lurcy-Lévis. Alors, aucun défaut? Si, j’en vois bien un: ses jantes BBS à rayons, qui gagneraient à céder leur place à des Fuchs noires d’époque, nettement plus dans le thème.

d7k_7228
La facilité d’usage n’a pas été sacrifiée… Ou presque.

Certains d’entre vous auront déjà fait le calcul: la préparation moteur + carrosserie a déjà coûté 28 000€. Ajoutons à cela l’équipement intérieur, ainsi que le prix de l’auto servant de base à la préparation, il est clair que cette SC Outlaw risque de coûter son pesant d’or… Force est d’admettre qu’à 55 000€, ce n’est tout de même pas donné. Cela étant, il est clair que cette SC a bénéficié d’une préparation de qualité, effectuée chez des spécialistes réputés. Qui a dit que rien ne valait l’authenticité? Pour une fois, il me faut bien admettre que je choisirais cette SC en lieu et place de nombre de ses congénères en état concours. Pour le plaisir de rouler. Pour les couleurs Martini. Pour les ailes larges. Pour le gros moteur. J’aime les 911…

Cette 911 SC est à vendre chez Stelvio