Il n’y a pas que la 911 dans la vie…


S’il était possible de réécrire l’histoire, nul doute que certains passionnés ne se priveraient pas de rayer des tablettes de Zuffenhausen certains modèles peu à leur avantage face à sa majesté 911. Avec en ligne de mire les Porsche à Moteur Avant, affectueusement surnommées Porsche Mal Aimées par Michel Thiriar. Malheureusement, il faut bien reconnaître qu’il a raison, et que les moteurs avant sont bien méconnus. A l’image de la 928 Clubsport nous nous vous avions parlé ici, ces autos sont pourtant loin d’être dénuées d’intérêt, et il existe d’ailleurs un très grand nombre de modèles originaux et pour le moins méconnus. Réponse en images…

La 924 Martini

Lancée en 1976, cette édition limitée est destinée à célébrer le titre de champion du monde des constructeurs décroché en 1976 aux côtés du liquoriste Martini. De manière un peu pompeuse, la plaque commémorative de cette édition limitée laissera penser qu’il s’agit de célébrer les titres également acquis en 1969, 1970 et 1971… Sur base de 924, donc avec le petit moteur 4 cylindres de 2 litres développant 125ch d’origine Audi, la Martini n’a pas vocation à jouer les foudres de guerre. Son originalité réside bien davantage dans son assortiment de couleurs, ainsi que dans sa dotation intérieure pour le moins unique.

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Vous n’aurez pas manqué de remarquer que la 924 Martini était l’une des rares autos de son époque à arborer des jantes couleur carrosserie, ce qui ne dénoterait pas, loin s’en faut, dans la circulation d’aujourd’hui. Difficile également de passer à côté des adhésifs aux couleurs de Martini apposés sur les flancs. La Martini jouait à fond la carte du look!

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Mais, encore plus qu’à l’extérieur, c’est bien l’équipement intérieur qui permet à cette 924 de s’inscrire parmi les réalisations les plus originales du constructeur. S’inspirant de l’identité visuelle du fabricant de spiritueux, l’assise centrale des sièges avant et arrière se pare de tissu rouge (ce tissu est aujourd’hui presque introuvable) tandis que les passepoils des sièges sont habillés de bleu. Enfin, les appuie-têtes bénéficient d’une bande décorative aux couleurs de Martini. Cette édition spéciale pour le moins colorée n’a été produite qu’à 3000 exemplaires, dont 1000 pour le continent européen. Ajoutez à ce nombre restreint le désamour général qui entoure la 924, et vous comprendrez pourquoi une telle auto est aujourd’hui rarissime sur nos routes. Ce qui explique probablement les 26 000€ demandés pour cet exemplaire immaculé à l’historique plus que limpide, fourni avec du tissu de rechange. Il reste bien de la marge pour une petite négociation…

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La 944 Turbo Cup

Attention, voici venir l’une des PMA les plus puissantes de l’histoire. Si vous trouviez la 944 Turbo un peu fade, la Turbo Cup (ou Turbo S pour les allemands) devrait vous ravir, puisqu’il s’agit de rien moins d’une 944 Turbo de route inspirée techniquement de la Cup. Comme son nom ne l’indique pas, il ne s’agit nullement d’une véritable Cup, mais bel et bien d’une Turbo survitaminée, dont la puissance était portée à 250ch. A titre de comparaison, le 4 cylindres turbocompressé de la Turbo développait 220ch. Pourquoi, alors, cette appellation prêtant plus que jamais à confusion? Il s’agit en fait d’une demande de Sonauto, l’importateur pour la France, qui souhaita que la Turbo S porte dans l’Hexagone ce nom nettement plus évocateur. Avouez que question image, cela vous pose une auto. Et imaginez la tête de votre voisin de table à la prochaine assemblée générale du club Porsche, lorsque vous lui direz que vous êtes venu en Cup!

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Mais revenons à nos Turbos. La 944 Turbo Cup est une série limitée lancée en 1988 et qui, elle aussi, savait se montrer originale. On notera en premier lieu les décalcomanies Turbo installées sur le renflement des ailes avant. Autre signe nettement plus difficile à remarquer aujourd’hui, les jantes Speedline de 16 pouces empruntées à la 964. Cela prête à confusion, tant nous avons depuis été habitués aux jantes type Cup à l’allure nettement plus sportive. Cela étant, la 944 Turbo devait se contenter de jantes « téléphone » de 15 pouces. L’auto bénéficiait également du châssis sport en série, ainsi que du pont autobloquant.

Quant à l’intérieur, il était équipé de façon à créer un contraste du plus bel effet avec la peinture grise spécifique. C’est ainsi que l’on retrouve à l’intérieur un tissu écossais dont les tons vont du blanc au rouge en passant par le rose, tandis que la console centrale et le tableau de bord étaient de couleur rouge bordeaux. Loin d’être du goût de tout le monde (j’ai des noms!), cet intérieur a pour lui une originalité que l’on ne retrouvera guère à bord de nombre de Porsche. Et avec 1600 exemplaires produits, il n’est pas encore impossible de trouver une Turbo Cup. Cependant, veillez à ce que l’intérieur soit en bon état, car de même que le tissu de la 924 Martini est aujourd’hui très difficile à dénicher, celui de la Turbo Cup le sera d’autant plus du fait de ses motifs très spécifiques. Notez qu’il devrait être possible de vous procurer un bel exemplaire de la Turbo Cup pour un peu plus de 20 000€. Le rapport prix/prestations paraît difficilement battable, tant la 944 est pétrie de qualités. Et n’en déplaise aux médisants, sa silhouette n’a que très peu vieilli!

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La 968 Clubsport

A n’en pas douter, la 968 Clubsport est la PMA qui gagne le plus de faveurs auprès de la communauté des porschistes. Peut-être même davantage que les rarissimes (et par conséquent très chères) 968 Turbo S et 924 Carrera GTS. Elle navigue pourtant dans des sphères tarifaires loin d’être démesurées, puisqu’il faudra compter environ 35 000€ pour un superbe exemplaire.

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Mais commençons par le commencement. En dépit des apparences, la 968 n’est jamais qu’une 944  modernisée. Regardez les deux autos de profil et vous réaliserez à quel point leurs silhouettes sont similaires. Il s’agit d’ailleurs d’un simple évolution de la 944, mais le service marketing du constructeur souhaitait marquer une vraie rupture. C’est la raison pour laquelle le patronyme 968 a été choisi. Le moteur de la 968 Clubsport est identique à celui d’une 968 conventionnelle. Le 4 cylindres de 3 litres de cylindrée développe 250ch, et reste à ce jour le 4 cylindres le plus coupleux du monde. Pas mal pour une auto lancée en 1993!

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Comme son nom – à elle, au moins – l’indique, la Clubsport s’incrit dans la même lignée que les RS: l’allègement est de mise. En l’occurrence, grâce à l’utilisation d’un faisceau électrique allégé, de sièges baquets en lieu et place des confortables sièges de la 911, mais également par le biais d’une suppression de la climatisation et des sièges arrière, la 968 Clubsport affichait 1320 kilogrammes sur la balance, soit 50 de moins qu’une 968 classique. De quoi assurer de belles arsouilles sur les circuits du coin! Il n’était pas rare de croiser des 968 Clubsport avec des jantes peintes de la couleur de la carrosserie, ce qui leur sied à ravir. Fait surprenant lorsque l’on connaît les habitudes de Porsche, la Clubsport était affichée à un tarif inférieur à l’auto de base. Une posture probablement dictée par la nécessité de pousser les ventes aux Etats-Unis, si l’on veut bien se souvenir du précédent créé avec la 964 RS America, une 964 chichement équipée et vendue moins cher. Pour revenir à la 968 Clubsport, sa carrière commerciale fut malgré cette politique tarifaire un succès mitigé, puisque 1923 exemplaires furent commercialisés, à comparer avec les 12 776 exemplaires de 968 conventionnelles qui sortirent des chaînes.

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A l’exception notable de la 924 ici présente, force est de constater que les PMA sont loin de manquer de charme, et qu’elles ne sont certainement pas reconnues à leur juste valeur. Pourquoi? Malgré leurs indéniables qualités, Michel Thiriar qui en son temps posséda une 968 Clubsport, soulignait que les sensations de la 911 à l’accélération, avec cet arrière se cabrant du fait du moteur en porte à faux, sont inimitables. En comparaison, les PMA ne procurent pas ce genre de sensations. Mais cela revient à comparer Adam Ondra et Teddy Riner: loin d’avoir la même morphologie, ces deux hommes sont pourtant imbattables dans leur discipline respective… Bienheureux les propriétaires de PMA qui sauront les entretenir avec soin, et sauront d’autant plus en profiter. Même si la 911 est inimitable, tout me porte à croire que je passe à côté de quelque chose en n’ayant pas la chance de piloter régulièrement une Porsche à Moteur Avant. Et vu le prix des éditions limitées, je crois que je ne vais pas me priver longtemps…

L’annonce de la 924 Martini

L’annonce de la 944 Turbo Cup

L’annonce de la 968 Clubsport

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