Combien de RSR de cette couleur?


Je sais, nous sommes jeudi, c’est le jour de la Porsche de la semaine. Mais une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de vous faire découvrir une auto probablement vendue depuis des années, mais qui a pour elle le mérite de l’originalité. Rien de tel qu’une petite révision des grands classiques réalisés par Motorsport, avec une 997 GT3 RSR un peu particulière…

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Je dois bien admettre que lorsqu’il s’agit de parler des RSR, une petite révision s’impose. Non pas qu’elles soient dénuées d’intérêt, bien au contraire, mais elles s’adressent à une clientèle bien particulière dont je ne suis, hélas, pas membre. Autos fascinantes malgré cela, qui méritent bien que l’on raconte quelques histoires à leur sujet. Dans le cas des 997 GT3 RSR nous nous parlons aujourd’hui, il faut savoir qu’elles sont assemblées directement à Weissach dans les locaux de Porsche Motorsport, le département compétition de la marque. Autrement dit, elles sont assemblées à la main. Fait surprenant, même les 997 Cup étaient assemblées sur la chaîne de Zuffenhausen, à côté des Turbo et des Carrera. N’avez-vous pas déjà le sentiment d’être en tête à tête avec une diva?

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Les GT3 RSR sont assemblées à partir de châssis de GT3 RS, non sans quelques modifications majeures. Si la structure monocoque reste en acier, les boucliers, les portes, les capots sont en fibre de carbone, tandis que les vitres font désormais appel au plastique. Quant à l’arceau soudé, il nécessite pas moins de 30 mètres de tubes en acier afin d’accroître la rigidité de l’auto d’environ 10%, en comparaison d’une GT3 RS. N’oublions pas de souligner que la carrosserie est quant à elle élargie de 10 centimètres. Cela n’empêche pas la GT3 RSR d’afficher 1225 kilogrammes sur la balance, loin, très loin des 1500 kilos de la GT3 RS. Paradoxalement, la RSR est équipée de quelques lests afin d’abaisser son centre de gravité. Dans la même optique d’optimisation de la répartition des masses, la batterie est désormais positionnée à l’avant du poste de pilotage.

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Tels des élèves peu intéressés par la correction du devoir de maths et n’attendant que leur note individuelle, je vois bien que vous n’attendez qu’un seul chiffre: la puissance du monstre. Allons-y! Le flat 6 de 3.8 litres de cylindrée développe la bagatelle de 485ch à 8500 tours/minutes, et 435 Nm de couple à 7250 tours/minutes. De quoi assurer de belles vocalises, et justifier la présence d’un réservoir de 100 litres de contenance, et des disques de freins démesurés de 380mm de diamètre à l’avant. Soulignons néanmoins que la puissance du flat 6 pouvait varier en fonction des réglementations imposant des brides plus ou moins importantes. L’intérêt des RSR est en grande partie technique, et l’on pourrait passer des heures à énumérer les raffinements technologiques dont elles bénéficient, ou à comparer les multiples améliorations dont elles font l’objet par rapport à une GT3 RS.

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Mais venons-en à la RSR illustrant ces lignes. Fabriquée en 2008, elle ne semble pas avoir subi les dommages de la course. Et pour cause, il semblerait qu’elle n’ait jamais couru. Elle a pourtant une particularité qui n’aura pas manqué de vous sauter aux yeux: elle est jaune. Après vérification, cette teinte tournant vers l’orange en fonction de la lumière est bien un jaune. En quoi cela est-ce intéressant? Cette couleur jaune est bel et bien sa peinture d’origine, alors que la règle établie chez Motorsport stipule que les 911 de compétition assemblées, ou vérifiées dans le cas des Cups, par Motorsport, soient toutes peintes en blanc. Cette RSR a donc été peinte selon les désirs d’un client manifestement bien introduit chez Porsche, et pour le moins fortuné. Ce genre de privilège chez Porsche n’est jamais gratuit. Ne cherchez pas d’annonce sur internet, les photos illustrant cet article datent de 2008. l’auto n’avait alors que 5 heures de roulage dans les bielles. A n’en pas douter, ses propriétaires successifs ont parfaitement mesuré le caractère exceptionnel de l’objet, et se garderont bien de l’endommager dans des courses. Dans quelques décennies, cette belle jaune sera alors un parfait témoin de ce que pouvait être une GT3 RSR fraîchement sortie des ateliers de Motorsport.

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Quelle ironie tout de même que de savoir qu’une coque nue destinée à devenir une GT3 RS « toute bête » assemblée en quelques heures sur une chaîne de montage sera prélevée en fonction du besoin, afin d’être assemblée à la main par les meilleurs ingénieurs du monde, dans un bâtiment à la propreté chirurgicale, afin de faire de cette coque l’une des autos de course les plus performantes qui soient. Rien que cela devrait suffire à mesurer le caractère précieux, presque raffiné d’une GT3 RSR, dont la production n’excédait pas 35 unités par an du temps de la 997, témoignant de sa grande rareté. Des joyaux faits pour courir. A quelques exceptions près…

Davantage de photos ici

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