Un petit tour au Mans Classic


Frappez-moi… Je préfère cela à devoir parler du Mans Classic en étant contraint de m’en tenir aux Porsche. Oseriez-vous réduire un menu de Michel Troisgros à sa seule entrée? La tâche s’annonce ardue, tant il y a à voir, et à raconter…

Au premier abord, cela n’a pourtant l’air de rien. Le vendredi matin, à 9 heures précises, difficile d’affirmer que l’enceinte réservée aux Porsche détonne. Tant de place pour si peu de Porsche… Certes, il y a bien le nouveau Boxster GTS de Porsche France, et l’une des dernières 991 GT3 qui fait son arrivée. Mais à part cela? Pour l’instant, rien de très alléchant à se mettre sous la dent. Prenons notre mal en patience, et allons faire un tour à la loge Artcurial Motorcars tant qu’il n’y a personne, afin d’inspecter les lots qui seront vendus aux enchères le lendemain. Malheureusement, après Rétromobile, la maison d’enchères décroche une nouvelle fois la palme de l’arrogance, refusant l’accès à quiconque n’aurait pas d’invitation, ou ne serait dûment inscrit. Fauchés et autres bouseux, passez votre chemin, vous entrez dans un temple de friqués… Mais que diable suis-je donc allé faire dans cette galère?

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La parenthèse Artcurial sera bien vite oubliée. Il suffit de s’aventurer sous les tentes abritant les différents plateaux, pour comprendre que l’exposition des autos de série n’est jamais que la cerise d’un énorme gâteau. Citez une auto, vous finirez pas la trouver, quelle qu’en soit la marque. AC Cobra, GT 40 en pagaille, quatre Ferrari 250 GTO sur le stand de l’autre cheval cabré, et des Porsche, et des Porsche, et des Porsche… 904 Carrera GTS soigneusement alignées, avant de tomber nez à nez avec un parterre de 911 2.0 et de 356 affûtées, prêtes à en découdre. Et à vous déchirer les tympans… Il faudra attendre les essais du vendredi après-midi pour voir ces merveilles à l’oeuvre, depuis les tribunes et sous un soleil de plomb.

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Il y avait deux 914/6 GT

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Mais avant cela, il vous aura fallu parcourir les allées de tous les plateaux, rester pantois devant une 917 Gulf rutilante, accompagnée d’une 908/3 habillée de la même livrée. Les 911 ST se disputent la vedette aux 906 venues en surnombre, avant qu’une 907 Longue Queue ne vienne rappeler tout ce petit monde à l’ordre en démarrant. Plus personne ne prête attention aux Corvette, Shelby et autres Lola: qu’un moteur démarre et des centaines de spectateurs s’agglutinent immédiatement autour de l’engin, désireux de se faire réduire les tympans en miettes bien avant l’âge de déraison. Mais qu’il est difficile de conter un tel spectacle, tant les merveilles se succèdent aux merveilles, les heures s’écoulant dans un ballet d’autos de courses de 1920 à 1990, offrant à tous l’opportunité de revivre l’histoire des autos d’époques révolues, et bien trop souvent reléguées au rang de pièces de musée. Aussi vieilles soient-elles, les voitures de course ne sont jamais mieux à leur place que sur un circuit, et tous les spectateurs approuveront. Qu’une sublime Ferrari 312P de 1972 prenne la piste aux côtés d’une 908/3 de 1971, et tous les souvenirs d’une rivalité sans merci s’éveillent, rappelant la domination sans partage de Porsche en 1971, rapidement contrariée par une réglementation taillée pour les 312P de Ferrari, qui s’adjugeront presque toutes les courses du championnat de 1972. Devant des 908/3 privées bien en peine…

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J’en veux une…

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J’en veux une aussi…

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Ce n’est qu’une histoire parmi d’autres, et tous les spectateurs auront trouvé au cours de cette édition la parcelle d’histoire qu’ils souhaitaient revivre. En toute simplicité. Le Mans Classic est bien plus qu’une événement exceptionnel. C’est un festival incontournable, un lieu de mémoire qui n’a rien d’un lieu de recueillement. Si vous n’y allez que pour les Porsche, vous manquerez la plus grande partie du spectacle. Il y a tant à voir que je m’étonne même de voir, après coup par le biais de la presse, tout ce que je n’ai pas vu, et qui était pourtant à quelques pas. Trois jours ne sont pas de trop pour voir toutes ces merveilles. Je n’ai pas tenu parole, je n’ai pas pu m’en tenir à Porsche. Frappez-moi…

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