996 GT3 (partie 2): le grand frisson


Voici un essai que 906 Chronicles gardait au chaud depuis de longues semaines. Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion d’essayer une 996 GT3, mais vous le savez depuis la première partie de ce récit: avec beaucoup de chance,  je suis arrivé à mes fins et mon père s’est décidé à s’offrir une GT3. Et c’est à ce moment précis que l’histoire devient formidable: j’ai mon permis et, oui, je peux la conduire. Faudra pas le dire deux fois…

Photo1607

La GT3, vous en profiterez avant même d’avoir tourné la clé de contact. En vous laissant glisser dans les profonds sièges baquets, vous sentirez d’emblée ce parfum de course qui vous entoure. Non pas que la GT3 vous ait caché quoi que soit, tant son immense aileron et son bouclier avant proéminent ont annoncé la couleur. Mais se glisser dans un siège de course participe d’une ambiance inimitable, au milieu du cuir et de la fibre de carbone, attaché par une ceinture de la couleur de la carrosserie. Tout, dans cette GT3, éveille en vous cette envie de vous faire secouer dans tous les sens, de vous faire botter l’arrière-train sur la moindre bosse, et de transformer le moindre bout de ligne droite en rampe de lancement de l’Aéronavale. Moteur, action! Il faut bien admettre que c’est tout de même mieux avec le moteur tournant. La 996 traîne la réputation d’un véhicule silencieux. La partition de la GT3 n’en reste pas moins très évocatrice, un ronronnement grave, agressif donnant de la voix au moindre coup d’accélérateur. La sonorité se veut plutôt discrète certes, mais d’une discrétion annonçant un véritable ouragan, nul ne s’y méprendra!

IMGP1431

Le premières sensations à son volant ne seront pas des plus rassurantes. Large, ramassée, la GT3 est imposante, et mieux vaut se méfier des rebords de trottoirs avec ses superbes jantes affleurantes. Il me faut redoubler d’attention avec ces jantes peintes, ou le moindre accroc se verrait davantage qu’un gigantesque pénis imprimé sur le capot avant. Et, avec son châssis très ferme, elle ne tolère que péniblement les routes bosselées, donnant l’impression de vouloir s’envoler sur la moindre bosse et de remuer dans tous les sens. Gare aux excès d’enthousiasme, tant il est facile d’arracher la bavette sous la jupe avant. Mais rassurez-vous, elle garde sa trajectoire, vous gratifiant au passage d’oscillations intempestives dans le volant… Aseptisée, la 996 GT3? Non, pas vraiment, c’est une vraie bête communicative, qui n’aime rien tant que d’être tenue fermement. D’autant plus qu’avec son levier de vitesses à débattement court, mieux vaudra faire preuve de fermeté au moment de changer de rapport. La GT3 fait bel et bien partie de cette race de dures à cuire que l’on dit en voie d’extinction. N’allez pas croire en lisant ces lignes que la GT3 est une voiture insupportable. Cela fait partie de son tempérament, et c’est bien pour cela qu’on la trouve fascinante, mais il est grand temps de hausser le rythme, et de s’engager dans des routes au revêtement plus  lisse.

Photo1608

30km/h, deuxième rapport, en sortie de village. A hauteur du panneau de fin de limitation de vitesse, vous écrasez l’accélérateur. Le léger grondement dans votre dos se mue en un hurlement de plus en plus strident en approchant des 8000 tours/minute. La poussée, violente, titanesque, presque indescriptible, vous cloue au siège tandis que les chiffres sur le tachymètre s’égrènent plus vite que vous ne sauriez les prononcer. A l’approche de la zone rouge, vous frôlez déjà l’excès de vitesse, vous pressez cette pédale d’embrayage ferme, engagez le troisième rapport, et écrasez de nouveau l’accélérateur, grisé par la sonorité inimitable du flat 6. Tout dépendra ensuite de la longueur de la ligne droite, et de votre bravoure personnelle. Je m’en tiendrai au fond de troisième avant de lever le pied, déjà largement, très largement au-dessus de la vitesse légale. C’est l’heure du grand frisson, puisque littéralement, un frisson me parcourt l’échine, tandis que j’expire à pleins poumons, comme pour me remettre d’un flot d’émotions véritablement grisant. La GT3, c’est un moteur. A l’image d’un boxeur, ce moteur possède des réactions extrêmement vivace, répondant à la moindre sollicitation, capable de cogner fort, très fort, et de vous envoyer au tapis, de pousser bien au-delà de vos propres limites. La GT3, c’est Floyd Mayweather!

IMGP1482

Et la GT3 n’en a pas fini de danser, tel un boxeur, car j’entrevois à l’horizon quelques virages. Rappelons que les limites de la GT3 ne sont absolument pas exploitables sur route ouverte, et qu’il serait particulièrement déraisonnable de s’y risquer. J’adopterai donc le rythme de la promenade soutenue. A ce train, toujours aux alentours de 4000 tours/minute, la GT3 est une reine de la route. Disposant à ce régime de suffisamment de couple, et commençant à délivrer sa puissance, elle est comme prête à réagir au moindre coup de volant, sans pour autant chercher à vous mordre, et n’est pas avare en plaisir. Seuls les trains laissent à désirer: en lâchant le volant, elle a tendance à chercher sa route, de même lors des gros freinages, où elle peine à tenir le cap. Un petit tour au garage lui ferait du bien. Mais le reste, tout le reste, absolument tout le reste, est un véritable récital de sensations fortes. Je finis par rentrer, et au moment de couper le contact, pousse une grande expiration, toujours noyé dans un flot de pensées: « on en a pour son argent », « quel moteur! mais quel moteur!, « on fait corps avec la machine », « elle m’en aura fait baver », « ouf, c’est fini », « bon, je remets ça demain », « quand même, c’était vraiment trop bien »……

Photo1604

Cela pourrait ne jamais s’arrêter, tant la 996 GT3 donne, donne, donne encore et toujours. Avec une seule contrepartie, celle ne pas la laisser n’en faire qu’à sa tête, car elle est douée d’un tempérament volcanique. On ne peut comprendre la GT3 tant qu’on ne l’a pas conduite. Et lorsque cela est fait, il sera bien difficile d’y renoncer, tant ses qualités dynamiques, et ce moteur sorti des feux de l’enfer, semblent taillés pour tous les extrêmes et tous les péchés. Ses seules limites sont probablement les vôtres…

2 réflexions sur « 996 GT3 (partie 2): le grand frisson »

J'ai quelque chose à ajouter:

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s