Autoworld (partie 4): Porsche dans la course


Eh bien chers lecteurs, il va falloir accélérer le mouvement! Je n’ai même pas terminé de vous dévoiler l’exposition Autoworld consacrée à Porsche, qu’une exposition vient d’avoir lieu aux Invalides à Paris, où j’ai eu la chance de contempler (le mot est juste) une 918 Spyder sous toutes les coutures. Et comme si cela ne suffisait pas, le salon Rétromobile se profile à l’horizon, qui promet lui aussi d’être riche en Porsche. Je me dois donc de vous offrir davantage de photos afin de rester en phase avec une actualité décidément très riche.

Voici donc la troisième partie de l’exposition Autoworld, mettant en scène quelques unes des premières autos de course du constructeur de Stuttgart, qui contribuent encore beaucoup aujourd’hui à sa renommée.

550 Spyder de 1953:

Les origines du 550 Spyder sont rarement connues. Le Spyder 550 est en effet né d’une initiative privée. C’est en 1949 qu’un concessionnaire Volkwsagen, Helm Glöckler, se met en tête de bricoler un châssis tubulaire qu’il fait équiper d’un moteur Porsche de 1086 cm3 développant 58ch. Il confiera ensuite au carrossier Weidhausen la mission d’envelopper ce véhicule d’une carrosserie aérodynamique. Ainsi naquit la Glöckler-Porsche, dont seulement cinq exemplaires furent construits (aujourd’hui particulièrement convoités).

Helm Glöckler remportera le championnat d’Allemagne des voitures de sport à son volant en 1950. Cela n’échappera pas aux pontes du constructeur qui, après avoir fait bénéficier de leur soutien technique à Glöckler décidèrent le développement d’un modèle peu ou prou similaire en 1952. Il sera équipé du célèbre 4 cylindres boxer développé par Ernst Fuhrmann, développant 110ch dans sa version initiale (ce moteur était si complexe que le montage nécessitait pas moins de 120 heures). Le Spyder s’illustrera à de nombreuses reprises en compétition, le châssis 550-02 signant une victoire de classes aux 24 heures du Mans 1953, un autre emportant une sixième place aux Mille Miglia 1954 ou encore une troisième place au classement général de la Carrera Panamericana cette même année, derrière les Ferrari 375. Mais surtout, un 550 Spyder A (le Spyder A étant équipé d’un nouveau moteur de 135ch) signera l’un des premiers grands succès de Porsche en remportant la Targa Florio le 10 juin 1956.

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718/2 Formule 2 de 1960:

La 718 Formule 2 entra en gestation en 1959. Pour la saison de Formule 2 de cette même année, Jean Behra s’était fait construire une monoplace équipée d’éléments mécaniques de 718 RSK, montée sur un châssis tubulaire conçu par Valerio Colotti (la Behra-Porsche). Cela inspira Porsche qui y vit une belle opportunité de se préparer en vue de son engagement en Formule 1 prévu pour 1961. De fait, Helmutt Bott, Hans Mezger et Wilehlm Hild initièrent le projet  718/2 (ce numéro étant choisi du fait de l’utilisation d’éléments de 718 pour un dérivé en Formule 2).

La première course de la 718/2 eut lieu au Grand Prix de Monaco où Berge von Trips dut abandonner au deuxième tour sur accident. La suite du championnat fut plus heureuse, la voiture d’usine devenant au fil de la saison de plus en plus aboutie, ce qui attira l’attention de Stirling Moss qui décidé d’en utiliser une pour la saison 1960. La 718/2 connut durant l’intersaison quelques modifications (un empattement allongé, de nouvelles suspensions et une carrosserie modifiée).

Dès le grand prix de Syracuse, Stirling Moss se qualifia en pole position mais dut abandonner sur casse moteur. Il termina deuxième au grand prix de Bruxelles, et remporta l’épreuve de F2 de Zeltweg. Malgré quelques bons résultats grâce à Stirling Moss (quatre victoires en neuf courses), mais également aux mains de Hans Hermann ou Olivier Gendebien, la 718 Formule 2 eut bien du mal à marquer l’histoire du constructeur et reste aujourd’hui relativement oubliée…

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Photo1677718 W-RS Grossmuter de 1961:

La W-RS est une évolution de la 718 RS 61, conçue de façon à pouvoir être équipée du moteur de Grand Prix. L’auto est aisément reconnaissable: l’avant est plus effilé, les carénages des phares se terminant en pointes. Le bossage au-dessus du moteur se fait plus prononcé, avec de plus un pare-brise arrondi (normalement accompagné de vitres latérales elles aussi arrondies), permettant un écoulement d’air plus fluide autour du pilote. Ce dessin était l’oeuvre de Butzi Porsche. Seuls trois exemplaires, dont un à empattement long, furent construits en réservés à l’usine. Le moteur type 547/5 développait 165ch. La W-RS s’illustra principalement à la Targa Florio 1961 où elle remporta une deuxième place derrière une Dino 246 SP, en aux 24 heures du Mans où elle finit quatrième derrière trois Ferrari 250.

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904 Carrera GTS de 1964:

On ne présente plus la 904, conçue à partir de 1963. Son châssis à longerons et poutres transversales est habillé d’une carrosserie en fibre de verre dessinée par Butzi Porsche, et collée au châssis, ce qui rendait les réparations en cas d’accident quasiment impossibles. Les coûteux châssis en aluminium fabriqués à la main, qui étaient d’usage sur les 718 furent abandonnés, car la réglementation exigeait la production d’un minimum de 100 voitures. Les moules nécessaires à la fabrication de pièces en fibre de verre, tout comme la production desdites pièces nettement plus légères étaient nettement moins onéreux. Elle fut équipée d’un quatre cylindres type 587/3 de 2 litres de cylindrées développant 180ch, conçu pas Hans Mezger. Pour quelle utilisation? La 904 était conçue tout aussi bien en vue de participer à des rallyes régionaux, que pour aller chercher la victoire absolue à la Targa Florio.

Porsche avait prévu d’écouler un premier lot de cent exemplaires en 1964, ainsi qu’un second lot en 1965. En 1964 les autos dont la production fut externalisée chez Ernst Heinkel Flugzeugbau, trouvèrent rapidement preneur, et l’auto obtint son homologation de la part de la FIA le 31 mars 1964. Pourtant seuls 115 exemplaires seront finalement construits. La 904 Carrera GTS ne manqua pas de s’illustrer en compétition, remportant sa catégorie aux 24 heures de Daytona 1964, mais également (cela deviendrait presque une habitude) la Targa Florio face à une armée de Ferrari et de Shelby Cobra, pilotée par Colin Davis et Antonio  Pucci. Notons également une cinquième place aux 500km de Spa, derrière des Ferrari 250 GTO… Porsche équipa quelques 904 de moteur 6 cylindres (904/6 dont le numéro de châssis commence par 906), et 8 cylindres (904/8), qui ne connurent jamais autant de succès que les autos équipées du 4 cylindres Mezger.

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A suivre…

Propos inspirés de l’ouvrage « Porsche en course : 1953-1975 » de Brian Long aux éditions E-T-A-I, ainsi que de l’ouvrae « Porsche » de Rainer Schlegelmilch et Hartmut Lehbrink aux éditions Ullmann

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