918 Spyder, LaFerrari, McLaren P1: l’affrontement du siècle


Il y a de cela dix ans, Porsche décidait de rappeler au monde entier qu’il faisait partie des plus grands constructeurs de l’histoire automobile et qu’il entendait le rester pour encore longtemps. Il fallait taper du poing sur la table, et sortir une auto suprême, aux technologies tirées de la compétition, aux performances inavouables et, comme il se doit, au prix démesuré. Il faut dire que le dernier supercar de série remontait à 1989 et s’appelait 959. Malheureusement, sa majesté avait fort mal vieilli, alors que dans le même temps, la Ferrari F40 gravait sa légende et renforçait chaque jour son titre de meilleur supercar de tous les temps.

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918 Spyder, le dernier coup de sang de Porsche

Certes, la 911 GT1 avait péniblement assuré la régence, au moment même où la Ferrari F50 déboulait de Maranello avec des régiments entiers de chevaux vapeurs et des échappements tout droit sortis des enfers. Qu’il fut difficile de résister aux cinglants coups de glaive du cheval enragé de la république transalpine, et la GT1 n’y résistera pas. Difficile d’admettre aujourd’hui qu’elle bénéficie de la même aura que la F5O. Cependant, souffrant de cet exil peu mérité, la GT1 se relèvera peut-être grâce à la postérité, qui reverra en elle une digne descendante de la lignée Porsche, étant l’une des très rares autos de route contemporaines à pouvoir se targuer d’avoir remporté l’une des plus grandes batailles de son époque : les 24 heures du Mans 1998 ! Depuis combien de temps les autos de route du fantasque cheval cabré italien ne peuvent-elles plus se targuer d’avoir croisé le fer dans les Hunaudières ? Qu’il est loin, le temps des 250 GTO… La GT1, à son tour, sera portée aux nues par la postérité.

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LaFerrari. L’esthétique, dernière des priorités?

Hélas ! Cette époque est révolue. Oublions les supercars conçus en quelques jours, en retirant les peintures de guerre et quelques chevaux vapeur. Porsche se reprend en main, décidant de laver le double affront infligé par les F40 et F50, il s’agit de se retrousser les manches ! Et dès 2003, la guerre reprit de plus belle, dans un combat de titans. La Carrera GT croisera le fer contre une Ferrari Enzo déchaînée. Epargnons-nous les batailles de chiffres, les opinions stylistiques ou les performances. Entre ces deux légendes de mon adolescence, il ne saurait y avoir de gagnante. Seuls deux chiffres doivent ici être évoqués : les chiffres de production. Les 399 exemplaires de l’Enzo se sont littéralement arrachés. Quant aux 1500 exemplaires prévus de la Carrera GT, ils n’ont pas tous été produits, seuls 1270 ont vu le jour, malgré un prix 50% inférieur à celui de l’amazone de Maranello. Ferrari vainqueur par KO.

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McLaren P1: retour au sommet.

Nous voici en 2013. Le duel peut reprendre. Face à face, les deux cow-boys fougueux s’observent. Tout le petit village automobile, tapi dans l’ombre, observe l’affrontement légendaire qui s’annonce. Une fois de plus, Porsche et Ferrari se retrouvent sur la voie principale du village, pour un combat à mort ou le premier à dégainer ferait mieux de viser juste, et de tirer en plein cœur. Mais c’était sans compter sur l’arrivée d’un chasseur de primes, tapi dans une ruelle. McLaren se joindrait à l’affrontement. Après la légendaire F1, le chasseur solitaire revenait reprendre sa place de meilleur concepteur automobile de l’histoire. Porsche dégainera le premier, et posera les premiers jalons du rude affrontement qui s’annonçait. 918 Spyder, 778ch, moteur hybride.

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Ferrari et McLaren oseront_ils défier Porsche sur le Nürburgring?

Ce serait un combat à l’arme lourde, à coups de nouvelles technologies. Après la 959, Porsche revenait à ses premières amours, une débauche technologique incomparable. Sans coup férir, McLaren, ripostait, envoyant la P1 et ses 916ch dans l’arène. Sans peur, ni honte. Les gladiateurs se défiaient, sous le regard avide de la plèbe, soutenant alternativement Porsche ou McLaren à chaque coup d’épée, savourant chaque assaut, chaque esquive, voyant les combattants s’épuiser dans un combat épique. Mais le soldat Ferrari ne se jeta jamais dans l’arène, s’enfonçant dans une profonde tranchée, à l’abri des tirs d’artillerie, fourbissant ses armes. Tout au plus savait-on que la future chimère pourrait vous pétrifier de son regard acéré.

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L’arrière de LaFerrari, nettement plus réussi

Et chacun s’enterra. Parfois, un obus sifflait, venant s’écraser non loin des tranchées ennemies dans une grande explosion, propulsant des débris de gomme fumante, de carbone et de magnésium dans les airs, signalant au monde entier que le combat le plus terrible de l’histoire avait lieu. Jusqu’à l’assaut final. Genève, Francfort seraient les noms de grandes victoires, ou de défaites cuisantes, où les noms des vainqueurs seraient gravés pour l’éternité, et ceux des perdants oubliés avec leurs morts sur les champs de bataille. A Ferrari, la puissance et l’exclusivité. 963 chevaux cracheurs de feu, réservés 399 exemplaires vendus avant même d’être commercialisés, pour l’une des autos les plus puissantes et les plus rapides de l’histoire. Nul sacrifice, nulle victoire, et Ferrari pleura la perte du général PininFarina, dont la proposition fut oubliée au profit d’un dessin maison, signant de fait l’une des autos les plus disgracieuses de l’histoire de Maranello… A McLaren, la rareté ! 375 exemplaires seulement, dont seuls quelques exemplaires restent aujourd’hui sans propriétaires, qui nous régalent par leur niveau de développement technologique, l’aboutissement général d’une auto à l’esthétique fantasque.

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Il fallait oser. Le défi a été pleinement relevé.

Et Porsche, après avoir renforcé son régiment de cavalerie désormais fort de 887ch large vainqueur de la bataille de la beauté, signant la plus belle auto du plateau, et malgré les muscles saillants de ses adversaires lourdement armés, fera taire les plus dubitatifs par la grâce de ses mouvements dans l’enfer vert du Nürburgring. Seule cuisante défaite, celle de la démesure, celle de ces 918 exemplaires prévus, dont un tiers reste à pourvoir malgré un prix inférieur à celui de ses deux rivales. Le seront-elles un jour ? Cette bataille est loin d’être perdue, mais Porsche n’aura pas su retenir les leçons de l’uppercut asséné par l’Enzo à la Carrera GT, qui la mit KO.  A trop jouer avec les symboles, Porsche a joué avec le feu. Les régiments de dragons ne sont pas des régiments de cracheurs de feu. Après la canonnade, seule les charges de cavalerie décideront donc du sort de cette bataille d’ores et déjà mythique.

Les visuels de LaFerrari exposée lors du salon de Genève proviennent du site Supercar Photo Collection, référence en matière de photographie automobile:

 http://yo.spc.free.fr/2013/2013_03_Geneva.htm

Quant aux photos de la 918 Spyder et de la McLaren illustrant cet article, elles sont tirées de Wikipédia:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Porsche_918_Spyder

http://fr.wikipedia.org/wiki/McLaren_P1

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