La Turbo et l’effet waouh! (1ère partie)


Les petites fées du marketing

La nouvelle est tombée le 3 mai dernier, la vénérable 911 Turbo est de retour. La génération 991 ne déroge pas à la règle et propose aux amateurs un concentré de ce que Porsche fait de plus exclusif, tant sur le plan du raffinement que sur le plan technologique. 906 Chronicles ne pouvait pas faire l’impasse, et vous livre aujourd’hui ses impressions, somme toutes assez primitives : waouh !

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La 991 Turbo est reconnaissable grâce à ses ouïes d’aération béantes, tant à l’avant que sur les flancs.

Attardons-nous tout d’abord sur quelques chiffres. La 991 Turbo voit sa puissance portée à 520ch au régime maximal de 6500 tours/min (contre 500ch auparavant), et même 560ch à 6750 tours/min pour la Turbo S. Porsche met comme toujours l’accent sur les technologies de pointe embarquées par cette nouvelle mouture : sa majesté Turbo sera donc équipée de roues arrières directrices ayant un angle de rotation maximal de 3°. Ce qui aura pour effet de rendre l’auto nettement plus agile et facile à piloter. Le constructeur annonce également des performances plus qu’honorables : 0 à 100 km/h en 3.4S et 315 km/h en pointe pour la Turbo, 0 à 100 km/h en 3.1S et 318 km/h en pointe pour la Turbo S. Soulignons le fait que la Carrera GT abattait le 0 à 100 en 3.8 secondes, c’est dire à quel point la Turbo S repousse les limites. Bien d’autres chiffres pourraient être évoqués mais les nouveautés sont, à mon sens, ailleurs.

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L’intérieur présente une finition et un raffinement exemplaires.

La première, et non des moindres, n’aura sans doute échappé à personne : la Turbo et la Turbo S sont, pour la première fois dans l’histoire de la marque, lancées en même temps. Les puristes s’en offusqueront probablement, mais ce n’est que le résultat de la plus évidente logique. En effet, depuis 1984, l’appellation Turbo S fut réservée aux éditions limitées de la Turbo, plus puissantes, mieux équipées, plus exclusives. Elles faisaient souvent office de chant du cygne de chaque génération de Turbo, et ce jusqu’à la 996 Turbo S qui mit fin à la tradition des éditions limitées. Enfin, bien que lancée tardivement, la 997 Turbo S embarquait son habituel lot d’équipements supplémentaires, mais mettait véritablement fin à la notion, même officieuse, d’édition limitée. Présentée certes comme une bonne affaire dans la mesure où elle embarquait un lot considérable d’équipements à un tarif légèrement avantageux, elle fut néanmoins produite en un nombre conséquent d’exemplaires. De fait, l’étape suivante consistait à présenter les Turbo et Turbo S simultanément, tout comme Porsche a l’habitude de présenter les Carrera et Carrera S lors d’une même présentation presse. Je ne vois aucune raison de m’offusquer d’une telle décision. Les éditions limitées sont souvent une opportunité pour Porsche de présenter de nouvelles idées ou de réintroduire certains équipements afin de jauger la réaction des amateurs, l’étape suivante étant de répliquer le processus à plus grande échelle si l’édition limitée a connu le succès. L’aileron en queue de canard relancé avec la Sport Classic est désormais une option figurant dans le catalogue. Et lorsque l’on voit l’euphorie qu’a suscité la 997 Speedster, je ne serai pas surpris le moins du monde lorsque Porsche lancera la 991 Speedster. Cela pour dire que la Turbo S en grande série n’est pas une hérésie, mais la suite logique de l’histoire.

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La présentation simultanée des Turbo et Turbo S laisse présager un élargissement plus conséquent de la gamme Turbo.

Et force est de l’admettre, quel coup de force de l’équipe en charge du marketing ! Analysons un instant le phénomène similaire avec la gamme Carrera. Je ne possède pas le chiffre exact, mais près de 70% des 911 vendues dans la gamme « classique » sont des Carrera S ou des Carrera 4S, c’est-à-dire celles équipées du plus gros moteur. Vendues plus chères, donc plus rentables. Et devinez qui est en passe de devenir la nouvelle référence absolue de la gamme 911 ? La Turbo S, bien entendu, et je ne serais pas surpris que 70% des Turbo vendues soient à l’avenir des Turbo S. Et une fois de plus, plus chères donc plus rentables. Porsche a encore réussi à développer sa gamme en créant une nouvelle référence absolue, et que les puristes se rassurent, le constructeur trouvera toujours une excellente occasion de présenter une édition limitée en hommage à tel ou tel modèle. Laissez-moi vous proposer une édition hommage à la Carrera Turbo RSR, gonflée à 600ch, allégée d’une trentaine de kilos et parée d’une robe grise à la livrée Martini Racing, même si cela conviendrait probablement mieux à la GT2…

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La Carrera RSR Turbo est la 911 la plus large de l’histoire.

Mais les petites fées du marketing ne se sont pas arrêtées en si bon chemin. Il leur est venu une autre idée qui devrait, celle-ci, faire chavirer le petit cœur des porschistes. La 991 Turbo marque le grand retour des ailes arrière ultra larges ! C’était une tradition depuis la toute première 911 Turbo 3.0 en 1975, la Turbo arborait des ailes arrière considérablement élargies, lui conférant une agressivité stylistique qui fit une partie de la réputation de la Turbo. Or, depuis la génération 996, ces ailes élargies se firent plus discrètes, du fait d’une meilleure intégration à la carrosserie. Ainsi, la 997 Turbo se voyait élargie de près de 44 mm par rapport à une 997 Carrera, soit la même largeur qu’une Carrera 4, en toute discrétion. Qu’en est-il cette fois-ci ? La 991 Carrera 4 est toujours élargie de 44 mm par rapport à la 991 Carrera. Quant à la Turbo, ses hanches s’élargissent de 28 mm supplémentaires, signant de fait le retour du style monstrueux – au sens noble du terme – de la Turbo. Voilà un argument qui saura convaincre les porschistes !

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Jamais la Turbo n’aura été aussi massive

La nouvelle 991 Turbo est allée puiser dans son passé des valeurs sures et des arguments percutants, faisant d’elle, plus que jamais, une référence stylistique et mécanique. Les petites fées du marketing se sont penchées longuement sur son berceau, lui garantissant une brillante destinée commerciale, à la hauteur de sa légende.

A suivre…

(Photos Porsche AG)

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